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Mise à jour le Apr 14, 2018
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LA CONSTIPATION

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La constipation est l'émission trop rare (inférieure à 3 fois par semaine) de selles trop dures, sèches et difficiles à évacuer.

Elle peut être occasionnelle (voayage, grossesse, etc.), ou chronique lorsque le problème dure depuis au moins 6 à 12 mois, avec des symptômes plus ou moins marqués. C'est un symptôme fréquent qui peut révéler une maladie digestive ou extra-digestive.

Etiologie

La constipation résulte le plus souvent d'un ralentissement du péristaltisme intestinal (contraction des intestins pour faire avancer les aliments dans le tube digestif). Les selles restent alors trops lontemps dans le colon où elles se déshydratent, se durcissent, et deviennent difficiles à évacuer. Dans la grande majorité des cas, aucune cause organique n'est retrouvée et on parle alors de constipation « fonctionnelle ».

La constipation fonctionnelle est le plus souvent causée par de mauvaises habitudes alimentaires, l'incativité physique, la déshydratation des selles liée à une forte chaleur, le stress, l'anxiété ou la présence d'hémorroïdes ou de fissures anales incitant le patient à se retenir d'aller à la selle.

La constipation peut également être liée à une prise de médicaments anticholinergiques, antiparkinsoniens, diurétiques, neuroleptiques, antidépresseurs, opiacés, de sels de fer, de topiques gastro-intestinaux, etc. qu'il conviendra de rechercher.

Quand orienter ?

Seules les constipations récentes (moins de 15 jours) et sans autres symptômes asssociés (sang dans les selles, absence totale de gaz...) relève du conseil officinal. Dans les autres cas, il faudra orienter le patient vers une consultation médicale afin d'écarter une cause plus grave telle qu'une lésion organique du colon (cancer colorectal, diverticules....), une pathologie neurologique (sclérose en plaques...) ou endocrinienne (hypothyroïdie...), ou une occlusion intestinale (constipation soudaine accompagnée de vomissement).

Les signes de gravité sont entre autres : 

  • Sang dans les selles.
  • Ballonnements, douleurs, ou constipation qui alterne avec une diarrhée.
  • Perte de poids.
  • Selles dont le calibre diminue de façon continuelle, ce qui peut être le signe d'un problème plus grave à l'intestin.
  • Constipation qui dure depuis plus de 3 semaines.
  • Constipation qui persiste chez le nouveau-né ou le très jeune enfant (car il faut éliminer une maladie de Hirschsprung).

 Donc, il faut orienter à consulter un médecin dans la journée si

  • La constipation s'accompagne de sang dans les selles.
  • La constipation s'accompagne de douleurs abdominales persistantes, de nausées ou de vomissements.
  • La constipation s'accompagne d'une impossibilité d'émettre des gaz et des balonnements importants.
  • La constipation s'accompagne de fièvre ou de frissons.

 Et à consulter un médecin dans les jours qui viennent si

  • L'émission de selles accompagnée d'un mucus abondant (glaires).
  • L'épisode de constipation est inhabituel, survient inopinément et se prolonge au-delà de 48 à 72 heures.
  • Constipation et diarrhée alternent.
  • La constipation s'est déclarée en même temps que la prise d'un nouveau traitement.

Par contre, il est possible de s'automédiquer si

  • La constipation se déclare occasionnellement et ne s'accompagne d'aucun signe inquiétant, par exemple en voyage.
  • La constipation a déjà fait l'objet d'un bilan et que des mesures ont été conseillées par le médecin.

De plus, face à une demande de laxatifs, il est nécessaire d'avoir en tête l'existence de deux pathologies liées à ceux-ci :

  • La « dépendance aux laxatifs » correspond au fait que l'exonération ne se fait plus naturellement. Elle est déclenchée par les laxatifs stimulants et l'interruption du traitement entraîne un effet « rebond » de constipation. Le patient a l'impression qu'il ne peut plus interrompre le traitement et devient dépendant. Une augmentation des doses peut même être nécessaire.
  • La « maladie des laxatifs » est plus rare. Elle accompagne la dépendance et se manifeste par une alternance de diarrhées et de constipations associée à une hypokaliémie (risque cardiaque), voire même à des lésions de la muqueuse colique.

 {tab  Médicament}

Il existe de nombreuses classes de laxatifs qu'il conviendra d'adapter à chaque situation.

Laxatifs osmotiques

Ce sont les plus utilisés car ils sont bien tolérés. Il favorisent l'hydratation des selles en provoquant un appel d'eau dans l'intestin. Parmi eux, on retrouve les laxatifs à base de sucre : Duphalac® (Lactulose), Laeovalac®, Lactulax®, Osmolax®, Transilac®... qui sont métabolisés par la flore bactérienne du colon et peuvent engendrer des flatulences et des douleurs abdominale. C'est pourquoi on leurs préfèrera ceux à base de polyéthylène glycol : Forlax®, Movicol®...qui ne présentent pas cet inconvénient. Il est préférable de prendre les laxatifs osmotiques le matin. Il ont un délai d'action de 24 à 72 heures.

Laxatifs de lest

Ce sont des mucilages (Regulax® à base d'ispaghul...) et des fibres qui gonflent en présence d'eau dans l'intestin et distendent la paroi intestinale, ce qui provoque une contraction des fibres lisses aboutissant à l'évacuation des selles par réflexe de défécation. Ils nécessitent donc un apport hydrique important. Ils augmentent le volume du bol fécal et favorisent ainsi le transit. Pour éviter les ballonements, il faut augmenter leur apport progressivement. Ils ont le même délai d'action que les laxatifs osmotiques.

Laxatifs librifiants

A base d'huile de paraffine liquide ou gélifiée, parfois associé à de la vaseline ou à un laxatif osmotique, ils lubrifient l'intestin et facilitent la progression des selles. Il ne faut pas s'allonger dans les 2 heures qui suivent la prise car il y a un risque d'envahissement bronchique en cas de reflux. D'autre part, ils diminuent l'absorption des vitamines liposolubles et ne doivent donc pas être utilisés en continue. Enfin, ils sont contre-indiqués chez la femme enceinte. Ils agissent en 6 à 24 heures.

Laxatifs stimulants

Ce sont des dérivés anthraquinoniques (Contalax® à base de Bisacodyl, Pursennide® à base de Sennosides..). Ils sont irritants pour la paroi intestinale entrainant une augmentation de la motricité de cette dernière ainsi qu'une augmentation de la sécretion d'eau et d'électroytes. Leur action est rapide. Ils ne doivent être utilisés que dans la constipation occasionnelle et sur de courtes durées (3 à 5 jours maximum). Ils possèdent de nombreuses interactions et contre-indications et sont donc à utiliser avec précaution. Une utilisation au long cours peut entraîner une altération de la paroi colique et une déplétion en potassium avec le risque cardiaque inhérent.

Laxatifs locaux

Ce sont les suppositoires à la glycérine Cristal®, ainsique les mini lavements (Microlax®, Normacol® lavement). Ils sont intéressants dans les constipations basses car ils déclenchent le réflexe d'exonération en moins de 20 minutes. Il ne doivent pas être utilisés au long cours car ils sont susceptibles de perturber le réflexe d'exonération.

 {tab  Homéopathie}

On pourra conseiller 5 granules matin et soir des souches suivantes : 

  • Opium 5CH en cas d'inertie rectale, selles noires et dures.
  • Alimina 5CH en cas de paralysie intestinale et difficulté d'exonération des selles même molles.
  • Graphites 5CH en cas de constipation sans envie avec des selles volumineuses, sèches et avec mucus.
  • Nux vomica 5CH en cas de constipation avec besions inefficaces, en cas d'abus alimentaires.
  • Platina 5CH en cas de constipation en voyage.

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