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Mise à jour le Apr 14, 2018
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Diprostene injectable : rupture de stock effective
Umax LP 400µg (Tamsulosine) : remise à disposition normale

Description de l'itinéraire

 Il existe deux grands types d’utilisation des médicaments :

Usage externe : action locale, Le médicament est déposé à la surface de l’organisme ; il y agit, puis est rejeté à l’extérieur sans y entrer. On appelle ces médicaments des « topiques ». Les cavités naturelles sont considérées comme extérieures à l’organisme, y compris l’intérieur du tube digestif. Toutefois, une fraction de la quantité déposée peut éventuellement pénétrer dans l’organisme et y provoquer des effets sans que ceux-ci soient recherchés.

Usage interne : action générale,  Le médicament pénètre à l’intérieur de l’organisme. Il agit à distance, parfois d’une manière diffuse. Son cheminement peut être schématisé en « phases » qui se succèdent, mais aussi s’intriquent.

  • Phase galénique ou pharmaceutique. Libération des principes actifs à partir de la forme pharmaceutique. Sa durée peut être négligeable comme très longue, parfois volontairement (formes retard).
  • Phase d’absorption. Période s’étendant du dépôt du médicament jusqu'à son arrivée dans la circulation générale. Le trajet emprunté constitue la voie d’administration.
  • Phase vasculaire. Le sang (et la lymphe) véhiculent le médicament ; ils le distribuent aux différents tissus. Ce passage est habituellement réversible, le médicament (ou ses produits de dégradation) pouvant regagner la circulation. Il peut alors se produire une redistribution entre les différents tissus.
  • Phase tissulaire. Dans les tissus, le médicament peut agir (lieux d’action), être chimiquement modifié (lieux de transformation) ou être stocké (lieux de perte).
  • Phase d’élimination. Rejet hors de l’organisme, du médicament (et de ses produits de dégradation) par différents némonctoires (les « voies d’élimination »).
  • Compartiments et barrières. A tout moment, le médicament occupe un ou plusieurs espaces de diffusion encore appelés « compartiments ». Le passage d’un espace à l’autre se fait à travers une « barrière ».Ces barrières ont une existence anatomique et fonctionnelle. Leur franchissement, et son importance, dépendent des propriétés physicochimiques du médicament et de la nature de la barrière.

FRANCHISSEMENT DES BARRIERES

Diffusion passive

Le franchissement s’effectue grâce à des solutions de continuité, les « pores », déhiscences intercellulaires surtout, ou chenaux dans l’épaisseur de la paroi cellulaire (figure 1.1.-1). Ils sont traversés par les liquides aqueux biologiques et par les substances qui y sont dissoutes (donc les médicaments hydrosolubles) à condition qu’elles ne soient pas trop volumineuses (poids moléculaire inférieur à 64 000 dans le premier cas, à 100 dans le second).

Le passage est dû soit à une pression hydrostatique exercée sur un côté de la barrière (filtration), soit à un gradient de concentration pour la substance intéressée entre les deux côtés (il est passif, dans le sens descendant du gradient, jusqu’à égalisation des concentrations).

♦ Diffusion non ionique

Elle concerne le passage à travers des barrières lipidiques (figure 1.1.-2). Celles-ci sont constituées par (ou se comportent comme) une couche de lipides : c’est le cas des membranes cellulaires (beaucoup de barrières sont faites d’une couche cellulaire).

Pour traverser une barrière lipidique, le médicament doit être liposoluble. Les molécules hydrosolubles ne peuvent pas passer ; il en est ainsi des ions qui sont fortement hydrophiles. Au contraire, les molécules non dissociées, hydrophobes et lipophiles, passent. Le rapport entre la liposolubilité et l’hydrosolubilité est une caractéristique importante d’un médicament. Ce franchissement est passif, sous l’influence d’un gradient de concentration pour la substance intéressée entre les deux faces de la barrière, et dans le sens de ce gradient.

Le pH influence la diffusion non ionique des substances qui peuvent exister sous forme non ionisée (diffusible) ou ionisée (non diffusible), c’est-à-dire les acides et les bases faibles. L’équilibre entre les deux formes est régi par la loi d’HENDERSON-HASSELBACH :

 AH <——> A‾ + H                                                BOH <——> B+ + OH¯

 pH = pK + log ((sel) / (acide))                               pH = pK + log ((base) / (sel))

 

En cas de différence de pH entre les deux côtés de la barrière lipidique, le passage du médicament est favorisé dans le sens du milieu acide vers le milieu alcalin pour un acide faible et en sens inverse pour une base faible (figure 1.1.-3).

Les pH dans l'organisme :

  • Plasma : 7,35
  • Urines : 5 à 8
  • Lait : 6,5 à 7,3
  • Bouche : 6,2 à 7,2
  • Estomac : 1 à 3
  • Duodénum : 4,8 à 8,2
  • Grêle : 7,5 à 8
  • Côlon : 7 à 5

♦ Diffusion facilitée

Le médicament se lie spécifiquement sur la première face de la barrière, avec une molécule appelée « transporteur » (figure 1.1.-4). Le complexe médicament - transporteur traverse la barrière et se dissocie au niveau de la seconde face. Le médicament est libéré dans le second espace et le transporteur peut être réutilisé.

C’est un mécanisme passif, n’utilisant pas d’énergie, fonctionnant dans le sens d’un gradient de concentrations jusqu’à égalisation de celles-ci.

Le transporteur est saturable. Plusieurs substances utilisant le même transporteur peuvent entrer en compétition.

♦ Transport actif

Le médicament franchit la barrière grâce à un système spécifique comportant un ou plusieurs transporteurs (figure 1.1.-5).

C’est un mécanisme actif (il y a une dépense d’énergie, fournie habituellement par l’ATP), saturable, sensible aux inhibiteurs métaboliques. Il peut fonctionner contre un gradient de concentration.

Les processus, passif ou actif, faisant appel à un transporteur, expliquent que certaines substances hydrosolubles et/ou trop volumineuses puissent franchir les membranes et barrières cellulaires.

♦ Pinocytose

Phénomène cellulaire analogue à la phagocytose, la pinocytose concerne des flaques liquidiennes qui sont englobées par une invagination de la membrane, puis forment une vacuole, finalement digérée en libérant son contenu dans le cytoplasme (figure 1.1.-6). L’importance de ce mécanisme est faible pour les médicaments. Il concerne des molécules de poids moléculaire élevé.

Un médicament n’est utilisable que s’il peut, in vivo, atteindre l’organe cible sur lequel il agit.

Il est donc capital de connaître les barrières qu’il sera amené à rencontrer dans l’organisme et de savoir s’il pourra les franchir.